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    fév 08

    Société Générale : ce qu’une démarche d’Intelligence Economique aurait pu apporter



    Le cas Jérôme Kerviel est aujourd’hui emblématique, c’est le buzz du moment. Rappelons les faits : ce trader serait à l’origine d’une perte en bourse de près de 4,9 milliards d’euros pour son employeur, la Société Générale. Tout celà après avoir dissimulé des passages d’ordres et autres positions douteuses. Cet exemple illustre de mon point de vue parfaitement l’utilité d’une démarche pro-active d’Intelligence Economique en entreprise. Tentons de voir ce qu’aurait pu apporter l’Intelligence Economique à cette sombre affaire.

    Krach bourse

    Rappel des faits : 4,9 milliards d’euros !

    Ce jeune trader trentenaire (31 ans pour être précis) aurait acquis un savoir à la clef de sa “réussite” lors de son passage dans des fonctions de “middle office” bancaire, lui ayant conféré la connaissance des procédures de contrôle de la banque. Passé ensuite au “front office”, le trader avait ainsi en main toutes les clefs pour dissimuler ses actions. La fraude a porté sur les dérivés actions, dont la Société Générale est le N°1 mondial (25% de parts de marchés en Europe). Voici pour la réthorique “officielle”. Comme l’on dit, l’enquête suit son cours.

    Cet exemple va illustrer l’impact d’une démarche d’Intelligence Economique au coeur de l’entreprise. L’IE doit permettre le contrôle du risque métier et opérationnel.

    Intelligence Economique - Image source JournalduNet

    L’Intelligence Economique au service de la politique de sécurité de l’entreprise

    • Politique de gestion des accès : les identifiants d’accès (login / mot de passe) aux applications sensibles doivent être régulièrement mis à jour en adéquation avec l’annuaire d’entreprise. Cas typique : Jérôme Kerviel travaille au middle office, il y a donc accès à des applications / données sensibles. En changeant de poste, la procédure doit s’assurer que soit ses identifiants changent, soit -et c’est plus vraissemblable- que ses accréditations sont mises à jour en fonction de sa nouvelle affectation.
      Mais on ne peut limiter cette crise à une simple affaire de sécurité informatique.

    L’Intelligence Economique comme outil de prévention

    • Contrôle des risques / indicteurs clés et tableaux de bord : le contrôle du risque passe par la mise en place de chiffres / indicateurs clés réunis sous forme de tableau de bord. Ceux-ci sont destinés aux directions opérationnelles ou aux fonctions de type contrôle / audit.
    • Le partage d’information : c’est l’un des concept clé de la démarche d’Intelligence Economique, où comment faire remonter l’information brute traitée et analysée du terrain vers le management (approche bottom-up) puis inversement de la direction vers le reste de l’entreprise (top-bottom). Si l’on s’en tient aux faits avérés actuellement (susceptibles évidemment de rebondissment à tout instant dans les jours à venir), on constate une faille dans le processus de partage et de transmission de l’information, ne serait-ce qu’entre Jérôme Kerviel et ses supérieurs hiérarchiques.
    • Le réseau : Dans ce cas bien précis, c’est tout un cercle, un réseau d’intérêts communs qui s’en trouve intéressé avec toutes les implications notamment sur les cours de bourses qui en découlent : Environnement / Jérôme Kerviel / Management SG / Actionnariat SG / Bourse française / Marchés mondiaux bancaires / Politique…

    Intelligence Economique : Schéma

    Image source Spyworld

    L’IE à la base d’un cellule de veille

    • Veille sectorielle / de marché : Dès le mois de juillet 2007, plusieurs traders indépendants ont remarqué les agissements d’un investisseur particulièrement important. Les “positions” (les paris sur l’évolution des valeurs) défendues alors par “le Gros”, comme ils le surnommaient alors, sur le marché du DAX, l’indice de la bourse allemande, permettaient dans certains cas d’enrayer les mouvements de baisse (Source).
      Les indicateurs de marché, en l’occurence le cours du DAX allemand, avait une évolution suspecte qui avait alerté les professionnels du secteurs. L’interview du trader dans l’article de Rue89 est fortement explicite. L’environnement doit donc être en permanance scruté, analysé.
    • Michael Porter a ainsi répertorié les 5 variables d’environnement (rien à voir avec le développement nformatique !) ayant une influence sur l’entreprise :
      • Le pouvoir de négociation des Clients
      • Le pouvoir de négociation des Fournisseurs
      • Le risque d’apparition de nouveaux concurrents
      • L’existence de biens de substitutions
      • La pression concurrentielle interne du marché : c’est entre autre sur ce segment où l’on aurait pu s’attendre à des remontées d’informations à même d’alerter les voyants.

    La clef de voute d’une démarche d’IE : le facteur humain

    • Gestion humaine : les politiques de sécurité sont au coeur d’une démarche d’Intelligence Economique. Or le facteur humain en est la clef de voute. Il est en effet inutile de bâtir une architecture de sécurité sans prendre en compte l’aspect humain du projet. Cet aspect humain primordial ne prend que plus d’acuité dans un secteur économique comme l’est la finance de haut niveau où les hommes ont entre leurs mains des dizaines de millions d’euros à longueur de journée, et où les unités des tableaux de bord sont le millions et la seconde.

    Ouverture : ajoutez à la recette un brin d’esprit critique

    • Un brin d’esprit critique : Ce dernier point concluera ce billet. La démarche d’IE suppose des esprits éclairés dont la principale caractéristique est d’être à même de disserner la rumeur de l’information, de faire le tri du bon grain de l’ivraie, de faire la part entre l’information blanche / grise et noire. Comment peut-on imaginer que des hautes strates de l’organigrammes financier français ignoraient de tels mouvements financiers, alors même que des collègues de travail, certes en possession de l’information adquate, avaient de forts doutes depuis plusieurs mois. Une démarche d’Intelligence Economique aurait pu permetter de faire remonter ce type de soupçons, quitte à ce qu’ils soient débattus / analysés / décryptés / croisés en cellule d’IE.

    L’Intelligence Economique aurait-elle pu éviter une telle catastrophe pour la Société Générale ? Celà reste très difficile à dire, d’autant plus que toutes les banques français sont déjà dotées de cellules de veille, plus ou moins performantes. Mais l’Intelligence Economique ne peut se résumer à la veille.

    Je serais très intéressé d’en savoir plus sur la cellule d’Intelligence Economique de la Société Générale. Si vous avez des précisions à apporter, n’hésitez pas à nous en faire part ici même !

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