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    nov 07
    Catégorie : Analyse

    TinyURL : ou comment rendre le web invisible



    Raccourcicement d’URL : TinyURL Les services de raccourcissement d’URL (ou URL shortening) font partie intégrante de notre quotidien du web. Ils sont à la fois multiples et largement intégrés dans nos applications. Et lorsque hier j’ai lu un billet annonçant que le service TinyURL était tombé durant quelques heures, j’ai eu soudain peur !

    Concept

    Ces services de raccourcissement d’URL permettent de transformer une longue URL en un URL réellement courte. On peut très rapidement passer de 100/150 caractères à 30.
    Exemple :

    Raccourcicement d’URL : TinyURL exemple de raccourcissement

    D’un point de vue plus conceptuel, une URL raccourcie est avant tout une URL. Au lieu de pointer directement vers l’adresse d’une ressource Internet, l’URL raccourcie pointe vers un service intermédiaire de résolution. Ce service effectue la correspondance avec l’URL appelée et retourne d’une façon plus ou moins directe l’URL finale au client. En language Web, ceci est une redirection http.

    Les bénéfices d’un service d’URL shortening ?

    Ces services apportent une réelle utilité dans de nombreuses situations :

    • Pour tous les propriétaires de sites / blogs qui veulent faire des URL plus courtes, plus propres (plus de paramètres du type &var=124&var2=125…)
    • Pour les utilisateurs de tous les Twitter-like du web : le service y est inclus en natif et permet à la volée de réaliser la transformation.
    • Pour les envois d’URL par email, messagerie instantanée : lors de l’envoi de longues chaînes, les clients mails effectuent des retours chariot forcé, cassant les chaînes, et pouvant parfois briser les URL.

    Le marché ?

    Raccourcicement d’URL : SnurlHistoriquement, c’est TinyURL.com qui a démocratisé le marché du raccourcissement d’URL. Mais on trouve aujourd’hui des dizaines de services analogues, parfaites copies pour la plupart :

    Si le bénéfice apporté à l’utilisateur est bien réel, on peut s’interroger sur les conséquences plus globales d’un tel service.

    Une “substitution” à la base DNS

    Le principe fondamental de l’Internet est de donner une adresse propre à chaque ressource. En d’autres termes chaque page Internet dispose de sa propre adresse URL (Uniform Ressource Location) accessible de n’importe où sur le réseau. L’URL est appelée via une surcouche, le système des DNS ou Domain Name System. Le DNS est un système permettant d’établir une correspondance entre une adresse IP et un nom de domaine et, plus généralement, de trouver une information à partir d’un nom de domaine.

    Selon Wikipédia toujours :

    Quand un utilisateur souhaite accéder à un site, comme par exemple http://www.innovablog.com, son ordinateur émet une requête spéciale à un serveur DNS, demandant ‘Quelle est l’adresse de http://www.innovablog.com ?’. Le serveur répond en retournant l’adresse IP du serveur.

    Et c’est grâce à cette adresse IP que votre navigateur parvient à localiser la machine hébergeant physiquement le site, et donc à l’afficher.Or avec le système des URL raccourcies, on pourrait considérer que pour appeler le même site, on ne l’appelle non plus par sa propre adresse DNS, mais par son adresse de substitution. Jusque là tout va bien me direz-vous.

    Le web invisible

    On peut tout de même se poser quelques questions. Outre les critiques de base :

    • Lorsque vous lisez un texte utilisant des hyperliens raccourcis, vous êtes de fait obligé pour connaître le lien de destination de le cliquer. Aucun choix n’est possible en amont, ce qui n’est pas bon pour l’expérience utilisateur sur le site en question.
    • En termes de référencement : l’URL raccourcie peut être scrollée par les moteurs et ainsi être indexée en lieu et place de l’URL d’origine avec toutes les répercussions négatives que l’on peut imaginer notamment en terme de perte de notoriété et donc de PageRank sur le domaine principal. Voici un petit exemple où un page du site live.com est indexée sous l’URL http://redir.fr :

    Raccourcicement d’URL : Impact sur le référencement

    D’autres questions me sont venues à l’esprit :

    • Oui mais le jour où le (ou les) site en question tombe, que fait-on ? Que se passe-t-il ainsi en cas de panne, de coupure du service ? TinyURL déclare 54 millions d’URL enregistrées pour 1,6 milliard d’appels par mois.
    • Lors de la coupure de ce service, c’est donc toute une partie du Web qui est devenue invisible (à ne pas confondre avec ce que l’on appelle communément le Web invisible). Invisible car inaccessible et non pas disparue, puisque les sites web originaux étaient eux bien présents et disponibles, mais pas leurs URL de substitution !
    • Plus globalement, c’est une question de fond : lorsqu’un service (une entreprise) s’arroge une part dominante d’une activité, sans aucune garantie de service liée (aucun de ces service ne s’engage contractuellement sur un SLA par exemple), une fragilité se crée.

    Pour finir, je suis surpris qu’aucune norme ne soit actuellement en vigueur dans cette activité. En effet, si la cinématique semble claire (à quelques variantes près : avec ou sans publicité, redirection après un certain temps de latence,…), les procédés d’encryptage sont multiples.
    Quelqu’un a-t-il eu vent d’une norme existante ou en projet à ce propos ?

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    18 commentaires pour “TinyURL : ou comment rendre le web invisible” :

    1. 1
      Arkan
       | le 21 novembre 2007 à 12:36  

      Je n’ai pas eu vent de normes, etc… mais comme toi je pense que si le service rend de longs liens beaucoup plus “sexy” ce n’est qu’à utiliser avec précaution.

      Perso je n’utilise ce genre de services que quand ce n’est pas pour des choses importante (comme sur Twitter, etc…), dans le cas de longues URL’s je crée un lien hyper-texte ;)

    2. 2
      Romain
       | le 21 novembre 2007 à 13:04  

      Il me semble qu’il existe un moyen d’installer une application de raccourcissement d’urls sur ton propre serveur, mais je ne retrouve pas comment !
      Cela permettrait au moins de ne pas dépendre d’un système externe…

    3. 3
      Olivier
       | le 21 novembre 2007 à 13:39  

      @Arkan : oui une bonne pratique consisterait à en réserver l’usage à des liens à faible valeur ajoutée. Pour Twitter pourquoi pas !

      @Romain : des plugins Php/WordPress/DotClear doivent exister. Il “suffit” de parser un texte posté, d’y détecter une URL et de générer une URL de remplacement.
      Toute fois reste une question soulevée dans le billet : quel procédé d’encryptage des URL ?

    4. 4
      Delphine Dumont
       | le 22 novembre 2007 à 11:38  

      Effectivement, comme pour tous les services en ligne, on crée une dépendance en ayant recours aux raccourcisseurs d’URL. C’est la raison pour laquelle, je n’utilise ces derniers que pour des liens à courte durée (mails ou SMS).

      C’est aussi pourquoi je n’utilise les softs online (la suite bureautique de Google, par exemple) que si je suis loin de mon PC et en sauvant tous les fichiers sur l’une des 3 clés USB qui ne me quittent jamais. Pas question de ne plus pouvoir bosser parce que le serveur a planté, que ma connexion est en rade ou que mes fichiers ont été effacés par erreur (cf. les disparitions récurrentes de mails sur Gmail).

    5. 5
      Olivier
       | le 22 novembre 2007 à 12:14  

      @Delphine : Je vois que tu synthétises dans ton commentaires les deux billets précédents (à la fois les short URLs et les backup) ;)

      J’aime aussi ton approche de l’utilsiation des applications bureautiques web. Je te citerai probablement dans un prochain billet sur les Zoho, Google Docs and co’ (si tu le permets biensur !).

    6. 6
      Delphine Dumont
       | le 22 novembre 2007 à 12:56  

      J’en serai honorée. ;)

    7. 7
      Arkan
       | le 22 novembre 2007 à 15:13  

      @Olivier >> Zogo/Zoho ?? ^^

      Perso je préfère Zoho à la suite Google, le soucis étant bien souvent d’amener les gens à l’utiliser :)

    8. 8
      Olivier
       | le 22 novembre 2007 à 16:35  

      @Arkan/Chris : bref tu auras compris que la proximité géographique des deux lettres a créé ce petit “bugg de frappe” ;)
      Il fallait biensur comprendre “ZoHo”.

      Je retiens en tout cas ton avis sur Zoho !

    9. 9
      Mathias
       | le 22 novembre 2007 à 16:59  

      Olivier, il me semble que dans ce cas, le “ou” ne prend pas d’accent.

      Malgré 7 commentaires, personne n’en a parlé, alors je ne suis pas sûr, mais il me semble bien..

    10. 10
      Olivier
       | le 22 novembre 2007 à 17:09  

      @Mathias : Oups ! Très bien vu. Je vois que ton TD de dictée a porté ses fruits ! ;)

      Blague à part tu as totalement raison et je vais m’empresser de corriger le tir !

      Mais que font les autres “commentateurs” ??? :)

    11. 11
      Delphine Dumont
       | le 22 novembre 2007 à 17:21  

      “Mais que font les autres “commentateurs” ???”
      C’est vrai, ça ! Mettons Derrick sur l’enquête !

    12. […] ? Avez-vous envers ces solutions encore des réticences (un peu à l’instar de Delphine ici -ouf Delphine, j’ai bien cru que jamais je n’arriverai à placer ce lien !) […]

    13. 13
      Jérém
       | le 29 février 2008 à 19:34  

      Il y a aussi le service peet.fr qui vient d’ouvrir ses portes, il propose en plus un historique des urls entrées :) !

    14. 14
      Arrangeur
       | le 17 mars 2008 à 18:03  

      Coucou merci pour ce billet ! Il est super votre design, qui set-ce qui l’a fait ? :)

    15. 15
      nikrowd
       | le 23 mai 2008 à 18:53  

      Il y a un nouveau, français, et qui propose un truc intéressant : la prévisualisation par défaut. Afin de pas être redirigé vers n’importe quoi. En plus, je trouve le design super réussi.

      http://linkasa.fr

    16. 16
      Delphine Dumont
       | le 24 mai 2008 à 9:25  

      Très sympa, ce petit dernier ! Merci du lien. :)

    17. 17
      Olivier Favre
       | le 24 mai 2008 à 9:57  

      @nikrowd : comme Delphine, vraiment intéressant, avec un design à la Web Designer Wall, j’aime !

    18. […] . Innovablog : TinyURL : ou comment rendre le web invisible (via electropublication, aaaliens) Le raccourcissement d’URL popularisé par Twitter dont TinyURL.com est l’emblême pose des questions de fonds sur ses effets. Outre le fait qu’il rend illisible le site de destination, “que se passe-t-il ainsi en cas de panne, de coupure du service ?” TinyURL déclare 54 millions d’URL enregistrées pour 1,6 milliard d’appels par mois (en novembre 2007). Lors d’une coupure de service, c’est tout une partie du web qui disparaît comme c’est le risque de toute application embarquée. Le web 2.0, toujours plus fragile ? […]

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