L’URL est morte. L’assassin ? Le web 2.0
Une étude étonnante vient de paraître sur les nouveaux usages de l’URL : on ne tape plus d’URL dans la barre d’adresse. La méthode la plus utilisée pour trouver un site : la recherche ! Quitte à saisir l’adresse URL complète comme mot-clé. Un paramètre à prendre en compte pour le e-commerce moderne et tous ses dérivés.

Qui tape encore www.google.com ? L’essort des recherches de navigation
En 2007, sur les 10 termes de recherche ayant connu la plus grosse croissance sur Google, 7 correspondaient en fait au nom de domaine exact, privé de son extension, le .com :
- iPhone
- Webkinz
- TMZ
- Transformer toys
- YouTube
- Club Penguin
- MySpace
- Heroes
- Anna Nicole Smith
En saisissant dans leur moteur de recherche par exemple YouTube, c’est bien sur le site YouTube.com que les internautes souhaitent se rendre. C’est ce que l’on appelle les recherche de navigation (ou “navigational searches” dans le texte).
Selon Compete, ces recherches de navigation totaliseraient 17% des recherches totales dans les moteurs de recherche ! Presque 1 requête sur 5… En gros, notre nouvelle barre d’adresse,… c’est Google !
Le tableau suivant fournir par le blog de Compete est assez révélateur :
Pour certains sites dont la popularité est énorme, comme MySpace, ce sont près de 90% des recherches qui sont des recherches de navigation ! Beaucoup d’internautes, bien qu’ayant en leur possession l’adresse exacte du site vont saisir cette dernière, non pas dans la barre d’adresse mais dans leur barre de recherche ! Je soupçonne certains geeks lecteurs de ce blogs de perdre leurs cheveux derrière leur écran à la lecture de telles affirmations.
La marque plus forte que l’adresse
Mais c’est bien une réalité. L’internaute moderne se fiche bien de sa barre d’adresse et ne jure plus que par sa barre de recherche. On peut faire quelques constats assez simples permettant d’expliquer de tels changement de comportements et d’usages. Les coupables : les nouveaux usages du web (2.0).
Une barre de recherche omniprésente
Les navigateurs modernes, ou du moins les dernières versions de tous les navigateurs favoris des internautes, ont systématiquement doublé l’affichage de la barre d’adresse d’une barre de recherche. Celle-ci présente un avantage ergonomique évident : plus besoin de définir par exemple en page d’accueil son moteur de recherche favoris pour effectuer ses recherches. Le réflexe actuel est de saisir directement ses mots-clés (ou son URL
) directement dans sa barre de recherche.

Les barres de recherche de Firefox et Safari
Le renfort du marketing
Et même justement le marketing s’en mêle. L’exemple cité par l’article de Read/WriteWeb est fort à propos. Il cite en effet une publicité du géant Kellogg’s vantant les mérite des céréales Special K. Le spot vidéo se termine par une invitation à retrouver Special K sur Internet. Le mode opératoire proposé ? Taper “Special K” dans votre moteur de recherche Yahoo! ! (double point d’exclamation).
La vidéo publicitaire :
Les exigences du SEO et des SERP
On peut également analyser ce phénomène d’un point de vue technique au regard des exigences du SEO. En effet, des études récentes, dont notamment celle relayée par Sébastien Billard, prétendent que “des URL trop longues feraient fuir les clics“.
Il apparaît que les utilisateurs auraient tendance à moins cliquer sur les résultats affichant des URLs longues, et à cliquer davantage sur les résultats placés immédiatement en dessous. Une explication avancée serait que les URLs longues, du fait de leur saillance, attireraient le regard, qui porterait alors moins sur le titre du résultat, en général plus pertinent et incitatif. Le regard se porterait ensuite sur le titre du résultat suivant, d’où des clics plus nombreux.
Au royaume de l’URL rewriting, où tous nos chers emarketeurs etautres référenceurs tentent de placer dans les URL le plus de mot-clés possible, la concision serait donc une nouvelle tendance, tout du moins pour les URL sur lesquelles on veut communiquer et/oui se voir référencer.
Les nouveaux supports du web
Un dernier constat sur ce phénomène pourrait être directement lié aux nouveaux supports de l’Internet, comme par exemple l’Internet mobile dans lequel la taille des écran toujours limitée ne fait qu’amplifier le phénomène : seule l’adresse URL de base reste lisible en permanence. Découvrir la fin nécessite obligatoirement une manipulation peu ergonomique.
L’URL : une convention de geek ?
L’Internet s’ouvre chaque jour de plus en plus, à des public hétéroclites. Il est loin le temps de l’ARPANET où seuls de vieux chercheurs barbus en blouse blanche communiquaient par le biais d’URL (qui ont au passage été une vraie révolution en donnant une adresse unique à chaque document du monde Web).
L’URL permet déjà de rajouter une couche esthétique à la simple adresse IP (http://innovablog.com plutôt que 250.82.126.52). Peut-être faut-il faire le constat que l’adresse URL est elle aussi dépassée, et n’est plus qu’une convention informatique, technique, et plus un symbole sur lequel on communique. Peut-être ne pourra-t-on plus voir de telles affiches
:
Et vous ? Non, je ne vous questionne pas sur votre avis à propos de la publicité ci-dessus, mais bien sur vos habitudes en terme d’adresse. Comment accédez-vous à un site web par réflexe ?















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P.S. de l’auteur : vous admirerez la superbe mise en abîme sur l’image de couverture !
Attention, la mise en abîme ça boucle à l’infini… As-tu mis une condition d’arrêt ?
Heureusement que je suis là… ou pas
@Raphaël : si ça c’est pas une blague de geeeekkkk !
Pour le “navigational searches” (cool comme mot quand même), les responsables de l’étude ont ils fait le distingo entre la recherche pure dans la case du moteur de recherche et la frappe incomplète dans la barre d’adresse dans un navigateur qui utilise la fonction “j’ai de la chance” pour diriger l’internaute sur le site ?
Sur un site dont je suis les stats, 43% des arrivés par moteur de recherche sont effectivement du à “NomDuSite” ou “NomDuSite.fr”, qui sont à presque 100% des arrivés du à la fonction “j’ai de la chance”.
Le gros avantage de l’URL est d’arriver sur le site en un clic au lieu de deux (au minimum) en passant par le moteur de recherche…
great post !
Article intéressant ! Toutefois les moteurs de recherche appartiennent plus au web 1.0 qu’au web 2.0, non ?
Le web 2.0 a par contre amené la navigation par tag, celle qui fait suite à la suggestion d’un autre utilisateur … les flux RSS ainsi que les solutions de veille ont aussi changés la façon de consulter les informations du web.
L’url est certainement de moins en moins utilisé mais elle reste en toute lettre sur tout les supports marketing du moment !
Cependant Google a énormément changé notre façon de rechercher de l’information, et cela avant le web 2.0
ça prouve aussi une chose, c’est que nombre d’internautes n’utilisent pas non plus les fonctionnalités de favoris, ou même de barre personnelle de leurs navigateurs.
Attention, le billet de Seb Billard à propos des URLs trop longues dans les résultats de recherche Google est une vaste fumisterie.
Il ne faut absolument pas prendre en compte sa théorie qui émane d’une étude sur les liens publicitaires. C’est grave de faire une extrapolation sur les résultats organiques à partir d’études sur les liens publicitaires.
Plus sur mon propos http://www.seosphere.com/forum/index.php?showtopic=5185&view=findpost&p=81717
@ThickParasite : Sébastien Billard fait partie pour moi des références en la matière. J’ai donc logiquement accordé une certaine confiance à son propos.
Je pense que le plus simple serait qu’il réponde lui-même à tes remarques.
Sébastien ????
P.S. : l’accès au topic sur ton lien est privé. Je n’ai donc pu accéder au billet.
Au travers de mon site http://www.7-dragons.com/ , pense avoir établi ma propre crédibilité
Quand à Seb, je suis encore plus déçu de sa réaction puisqu’il prétend ne pas comprendre son erreur.
L’explication de texte prend place dans ses commentaires, mais je vais sans doute rédiger un billet pour redresser la situation.
Bonjour, je viens de prendre connaissance de la discussion…
Comme l’a indiqué Thick, le débat a bien lieu dans les commentaires de mon billet. Bien qu’inscrit au forum SEO Sphere, je n’ai pas accès au topic indiqué par Thick ?
Pour résumer, mon billet présente (au conditionnel, je le répète encore) les résultats et les conclusions de l’étude menée par Marketing Sherpa, tels que présentés dans le résumé de celle-ci, accessible à tous. La seule théorie personnelle que j’emets est celle de l’éventuelle association par les utilisateurs entre URLs à rallonge et pages à faible pertinence.
Et n’en déplaise à Thick (ou alors c’est que j’ai vraiment un problème de vision et de compréhension de l’anglais) la partie de l’étude dont je parle s’intéresse bien aux résultats organiques.
A lire également sur cette étude, chez Search Engine Land :
http://searchengineland.com/080515-084124.php
@Sébastien : merci pour ce complément. Bon lien également sur SEL.
Mais j’hallucine ! Je ne vais pas faire double débat avec Seb, mais voyons voir comment son fameux conditionnel prudent se transforme en grosse mise en garde dans le billet de ce blog.
Où est-ce que la partie de l’étude en question parle de résultats organiques ?
Pour ce qui est des résultats organiques, les auteurs de l’étude en parlent ici même :
http://www.marketingsherpa.com/sample.cfm?ident=30181
Je ne vois pas de “grosse mise en garde” dans mon propos, mais bon je vais arrêter là cet échange, ne souhaitant pas polluer le blog d’Olivier
Ah oué ? En effet, cela parle de résultats organiques.
Sauf que … il s’agit de cadres “executives”.
Encore une fois, tu prends un segment pour en faire une généralité.
Quand à l’étude Eyetracking que tu cites, je répète qu’elle porte uniquement sur les liens commerciaux ” Eyetracking Study of Search Ad Position and Relevance ”
T’as raison, je vais publier mon billet sur la question plutôt que de continuer de parler dans le vide puisque tu ne veux pas admettre tes torts.
Seb : quand je parle de la mise en garde, c’est par rapport à la manière dont Olivier relaye ton “info”. Il en est de même par rapport aux commentaires sur ton blog où j’ai perçu des gens plutôt dans le doute par rapport à leur stratégie URL.
Tu te protèges avec ton conditionnel, sauf que tout le monde prend ton petit bout d’info malsaine. Cela passe pour un paramètre qui tient en lui même, alors qu’il faut remettre dans le contexte et relativiser.
Mais bon, je suis fatigué de parler à un mur, donc basta…
après “malsaine”, il faut lire “comme une vérité à part entière”
“C’est la guerre mon colonel”
J. Rambo
y a de l’ambiance par ici
Pour moi l’explication du phénomène est simple, l’url ne permet pas d’erreur : une petite faute d’orthographe ou un .com a la place d’un .fr et on se retrouve sur le mauvais site :-/
Tu connais les pourcentages concernant la rédaction d’une URL directement dans la barre d’adresse ? J’ai oublié le chiffre exact, mais c’est totalement infime.
La vaste majorité des internautes recherchent l’URL d’un site en tapant le nom d’un le champ de recherche de leur moteur de prédilection. Ainsi, peu importe le .com ou .fr ou même n’importe quel attribut spécifique de l’URL
Je bosse pour une société web, au service clientèle. 0% des internautes ne connaissent pas la barre d’adresse. Et le pire, c’est que me^me quand on leur dit “tapez cette adresse là ou il ya marqué http wwww. etc…, ils répondent “oui ok” mais en fait on s’aperçoit qu’ils tapent toujours ds le moteur.
Le mieux, c’set les utilisateurs wanadoo. C’set des cas svt
@JOhn : bien vu. Je fais aussi du support de temps à autres et c’est vrai que arriver à faire localiser la barre d’adresse n’est pas chose aisée…
Témoignage d’une internaute : je ne tape plus les adresses, je vais directement dans le moteur et saisis les mots clés de la marque.
Je ne réfléchis plus en fonction de l’URL.
Par contre, ça me fait penser à autre chose : on voit de plus en plus de campagnes de buzz construites avec des URL à rallonge et des expressions longues. Souvent le dispositif s’appuie donc sur une URL bien différenciante. Peut-on savoir si les internautes trouvent (par hasard..) ces URL éphémères via un moteur de recherche ? Quel est l’impact de ces URL ?
Merci pour la réponse
Débat fort intéressant mais si vous pouviez joindre les liens vers vos blog/site/forum pour que nous puissions y lire vos réflexions in extenso … Vous avez ici à faire à un publique averti, et cibler correctement les destinataires d’un info c’est augmenter nettement ces chances de réussites. Le marketing est potentiellement dans tout et partout
Le témoignage de Camille m’a rappelé que systématiquement lors de l’installation d’un navigateur, on nous propose un moteur de recherche comme … page d’accueil ! Moteur qui est MSN chez IE est Google partout ailleurs soit dit en passant.
Comment à partir de là, la plupart des utilisateur n’osant pas “mètrent les doigts dans le camboui” (changer les paramètres), ne pas être “tenté” d’utiliser le dit moteur ?
Dans le même esprit il n’y a pas ou peu s’en faut de logiciel qui ne propose (n’impose …) l’installation d’une barre de recherche. Et comme par hasard Google est omniprésent …
Petite anecdote personnelle :
Plutôt technicien, je navigue dans les eaux du webdesign et ce genre de blogs me sont une source d’info indispensable. Je stock donc son URL dans mes favoris voir ma barre personnelle. A droite de l’écran les flux RSS changent régulièrement. Et bien sûr lorsque je cherche un site je commence toujours par des essais successifs dans la barre d’adresse.
Mon amie pour des raisons professionnelles est devenue une “bête” de la recherche sur le Net. Incroyable ce qu’elle est capable d’exhumer comme infos pertinentes ! (Mot important ça)
Je vous laisse deviner comment elle démarre ses recherches …
Tout le contraire de moi ! Yahoo est son ami (Google le diable (!) mais c’est philosophique). Jamais elle ne tape un nom de site directement.
@camille : dans la mesure où ces URL ont un caractère éphémère, leur PR ne doit plus être élevé, une fois la date de fraicheur de l’OP dépassée.
@hirsute : les sources sont clairement citées, à savoir :
- Search Engine Journal
- Compete.
Peut-être avez-vous raté ces deux liens hypertextes présents au début du billet…
Pour en revenir au commentaire, nous sommes tous -à l’exception des power users- devenus des search-addicts, totalement dépendants du moteur de recherche installé par défaut . C’est vrai, et Google s’en frotte les mains !
Il y a encore plus simple, tape le nom de l’entreprise dans la barre d’adresse et Firefox va rechercher le premier résultat google. Mais bon, les gens ne connaissent pas.
J’assiste des personnes à l’informatique (et notamment des personnes plus âgées), je suis effaré de voir que bon nombre utilisent Google comme barre d’adresse.
Lors de réunion, les noms de domaines trop complexes, difficiles à retenir ou trop longs sont systématiquement renvoyé vers le moteur: “allez dans google et cherchez ‘machin’ et vous trouverez directement”.
Moi-même je constate chaque jour des gens qui arrivent sur mon blog en tapant le nom de domaine dans Google. C’est bien plus simple que la barre d’adresse et au moins ça détecte les “erreurs” et propose des alternatives.
Marrant que mon fils de 7 ans sache bien taper l’URL dans la barre d’adresse. Il sait même faire “Pomme + Entrée” pour ajouter http:// + .com
@rezr : tips pour Firefox. Tapes le nom de la marque dans la barre d’adresse puis Maj + Entrée basculera automatiquement sur le .net alors qu’un Ctrl + Entrée vers le .com !
@ThickParasite : c’est déja un geek, les chiens ne font pas des chats !
[…] y a eu une discussion assez intéressante suite à ce post de S.Billard, rapportant les résultats d’une étude sur les urls trop […]
[…] riche fonctionnellement puisqu’elle tient lieu de saisie des adresses (au passage, mode d’utilisation qui tent à s’éteindre), de moteur de recherche et également d’auto-suggestion […]
Bonjour à tous,
Pas professionnel du web, ni de l’informatique, je peux témoigner que je me sers alternativement des moteurs de recherche et des url sans trop avoir analysé dans quels cas.
Mais, j’ai une question : y a-t-il une raison pour laquelle certains d’entre vous semblent anti-moteurs de recherche ?
a+
BB.
Bonjour.
Je suis webmaster d’un site de petites annonces. Au départ, mes URL avec la forme http://www.monsite.fr/Categorie?ID=152 Je trouvais ces URL très propres mais je me suis vite rendu compte que pour grimper dans les résultats de Google, il fallait optimiser ses URL ! J’ai donc transformer mes URL afin d’y inclure des mots clés.
Ex :
Pour moi, ce n’est donc pas le web 2.0 qui a tué mes URL, mais plutôt les moteurs de recherche qui utilise les URL comme mots clés.
Aurélien, webmaster de